




Nous étions nombreux aujourd’hui à Rennes à manifester pour le climat, le vivant et la justice sociale.
Après un été caniculaire et alors que nous nous désespérons que la pluie revienne enfin nourrir les nappes phréatiques, nous marchions pour dénoncer l’inaction et rappeler que des solutions existent.
Depuis des années pourtant, et ce alors que le Président de la République avait juré faire de son mandat celui de l’action écologique, nous assistons médusés au démantèlement des politiques publiques utiles à la transition écologique, à l’exemple de la loi d’urgence agricole et de la réintroduction de pesticides dangereux, des pressions sur la démocratie locale de l’eau, de la réduction significative du Fonds vert ou de la mise en cause des agences, telle l’Ademe.
Et le débat budgétaire qui démarre semble dramatiquement confirmer la même cécité de celles et ceux qui occupent le pouvoir depuis 10 ans. Ainsi apprenions nous ces dernières semaines que les budgets rattachés au ministère de l’Écologie seraient diminués, plus que les autres, pour boucler l’exercice budgétaire 2026. Et nul doute que les moyens de la transition écologique seront encore sacrifiés dans la version du projet de loi de finances que nous examinerons dans les prochains jours, puisque le gouvernement annonce vouloir faire un effort historique sur la dépense publique.
Je ne suis pas de ceux qui négligent le débat sur la solvabilité de l’État et des administrations publiques. Mais je ne comprends définitivement pas comment le débat public puisse à ce point être exclusivement orienté depuis quelques semaines sur cette question, feignant de ne pas voir la dette écologique, l’humanité et le vivant en sursit.
Puisque notre avenir dépend de notre attention au climat, nous devrions en faire la priorité de notre action, individuelle et collective. Au fond, les orientations budgétaires que nous proposerons dans les prochaines semaines devraient répondre à cette question : dans un monde aux ressources raréfiées (financières et naturelles, ce qui revient au même), comment entendons-nous les partager ?