L’Assemblée nationale examinait hier soir mercredi 3 juin la proposition de loi de M. Benoît Biteau, député du groupe Écologiste et Social, visant à limiter l’exposition des Français et Françaises au cadmium. Le texte a été adopté par 144 voix contre 22.
Pour mémoire, le cadmium est un métal lourd, naturellement présent dans la composition de certains sols. Cependant, l’utilisation de produits fertilisants contenant du cadmium contribue à en augmenter très fortement la présence dans nos sols. Ce métal contamine ensuite les aliments que nous retrouvons dans nos assiettes, notamment les céréales, le pain, les pâtes ou les pommes de terre. La France est particulièrement concernée par ce sujet : elle est le pays européen le plus contaminé par ce métal lourd, en raison de son utilisation importante d’engrais phosphatés, conduisant à une forte exposition de la population française, notamment les plus jeunes : 36 % des enfants français de moins de 3 ans dépassant la dose journalière tolérable de cadmium, définie par l’ANSES. La substance est ainsi classée comme cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le texte adopté hier prévoit de ramener le seuil autorisé de 90 à 20 milligrammes par kilo d’engrais phosphatés d’ici 2030, en accord avec les recommandations sanitaires.
Pour Tristan Lahais, député d’Ille-et-Vilaine : « La contamination de notre alimentation au cadmium est un enjeu de santé publique majeur. La communauté scientifique alerte vivement sur les graves dangers qu’il représente, les médecins libéraux allant jusqu’à la qualifier de ”bombe sanitaire” ».
« Dès lors, il était indispensable que les pouvoirs publics prennent toute la mesure de la situation et veillent en urgence à l’application d’un strict principe de précaution » poursuit-il. « Il s’agit de réduire fortement et sans tarder notre exposition collective à ces substances, qui empoisonnent lentement la population. C’est là la moindre des responsabilités attendues de la part des représentants du peuple. »
« Loi Duplomb, Zéro Artificialisation Nette, Zones à Faibles Émissions… nous vivons actuellement une bataille culturelle, contre la science et contre l’écologie, menée par l‘extrême-droite bien souvent d’ailleurs avec la complicité coupable du camp présidentiel » rappelle Tristan Lahais. « Dans ce contexte déplorable, il faut se réjouir lorsqu’un progrès est obtenu, et même arraché grâce aux efforts conjugués de la gauche, de la communauté scientifique et de la mobilisation citoyenne.
« Réjouissons-nous, donc, et poursuivons dans cette voie contre les intrants chimiques et substances toxiques qui nous empoisonnent, et plus globalement un modèle agroalimentaire productiviste qui menace la nature et la santé publique, PFAS, néonicotinoïdes, pesticides et glyphosate en tête. Cela passe notamment par le vote, enfin, de la révision du SAGE Vilaine, avec une mobilisation massive attendue à Rennes dimanche » conclut-il.