Guerre en Ukraine : Quatre ans après, l’heure de vérité pour l’Europe
Cela fait désormais 4 ans que Poutine a déclaré la guerre à l’Ukraine, emportant avec elle l’illusion d’une paix éternelle sur le continent européen. Depuis quatre ans, le peuple ukrainien fait preuve d’un courage remarquable, porté par une mobilisation civique, économique et militaire exceptionnelle.
Lors de mon déplacement parlementaire à Kyiv, Mykolaïv et Odessa en septembre dernier, j’ai pû mesurer combien la guerre s’est installée dans le quotidien du pays : le hurlement des sirènes, la course vers les abris, les immeubles éventrés, les récits d’enlèvement d’enfants, les retours du front, les vies brisées.
Ce voyage m’a surtout marqué par un contraste saisissant : face à la violence constante, j’ai vu une volonté de tenir autant que de préparer la reconstruction. La mobilisation de la société civile, des élus et des citoyens force le respect. Mais ce courage, aussi admirable soit-il, ne pourra suffire sans un soutien international constant, clair et sans chantage.
L’Union européenne a su faire preuve d’une solidarité réelle, mais cette unité demeure fragile. Les menaces répétées de veto de Viktor Orbán, au nom de la Hongrie, comme l’opposition de l’extrême droite au Parlement européen, sur l’aide à l’Ukraine et les sanctions contre la Russie, rappellent combien les forces illibérales fragilisent notre capacité d’action collective.
Ce qui se joue en Ukraine dépasse son destin national : il s’agit de la sécurité de l’Europe et par extension de l’avenir de nos démocraties. Non seulement faut-il poursuivre l’aide à l’Ukraine, mais l’Union Européenne serait bien avisée de mobiliser les avoirs russes aujourd’hui gelés et qui pourraient être employés au titre des tributs futurs dûs au peuple ukrainien. Ne pas agir aujourd’hui nous condamnerait tôt ou tard au retour de la guerre chez nous.
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