
24 novembre 2025
Mobilisé tous les jours et une partie de mes nuits ces dernières semaines dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale par l’examen du budget, je n’ai pu prendre le temps de réagir à l’annonce du rassemblement de la gauche et des écologistes à Rennes pour les prochaines élections municipales.
Militant de l’unité depuis toujours, je veux saluer cette nouvelle alliance pour prolonger l’action engagée pour Rennes et ses habitants. Ce rassemblement est celui d’une conscience commune de notre histoire et des enjeux du territoire. Il est celui d’une fierté, celle d’une ville à gauche depuis le 1er mandat d’Edmond Hervé, et d’une responsabilité, celle d’un projet de société fondé sur l’exigence de la solidarité, de la démocratie et de l’écologie alors que l’extrême droite et la violence menacent la République.
Rassemblement qui s’inscrit dans les pas des majorités qui l’ont précédées, il n’en est pas moins porteur des inflexions nécessaires pour un projet de gauche moderne, adapté aux nouvelles conflictualités de la société et de notre ville.
L’union avec les écologistes dès le premier tour conclut une mue engagée depuis 2014 qui vient concrétiser l’assimilation de l’écologie au corpus de la gauche. Cette large alliance – des socialistes, des écologistes, de Génération.s, des communistes, de Place publique, de Debout, de l’Après … – est aussi la traduction du besoin de collectif pour construire ensemble les réponses aux tensions sociales nouvelles qui traversent la ville. Le combat pour l’égalité n’est jamais épuisé et se trouve aujourd’hui confronté à la réalité d’une population métissée en quête d’égalité, ou encore des difficultés à se loger pour les jeunes ou les classes moyennes et populaires de notre ville. Ce prisme d’observation n’ignore pas non plus la réalité d’une démographie vieillissante exigeant que chacun-e puisse trouver sa place dans la cité. En bref, ce rassemblement sera celui d’un projet pour que nous continuions à vivre ensemble.
Implicitement, ce rassemblement introduit aussi l’idée qu’aucune des forces qui le composent n’est aujourd’hui porteur d’un logiciel politique complet pour opposer une alternative à celui de l’extrême droite. Le macronisme est mort et avec lui la droite que plus grand-chose ne distingue dorénavant d’une lecture identitaire de la société. En témoigne par exemple la seule critique de LR à l’endroit du RN, accusé d’être trop « socialiste », sous-entend leurs adhésions réciproques aux thèses nauséabondes traditionnellement portées par l’extrême droite. L’immense mobilisation citoyenne pour le « Nouveau Front Populaire » il y a un an doit dorénavant être prolongée dans la construction d’un projet et d’un programme commun, lors des scrutins locaux comme pour les prochaines élections présidentielles et législatives. Ma conviction est celle que nos forces politiques respectives doivent se dépasser et ainsi permettre la construction d’une nouvelle force à la hauteur des enjeux. Autant que je me suis engagé pour la construction de cette liste d’union à Rennes, je souhaite m’investir pour construire cette nouvelle gauche en France.
En écrivant ces lignes, je n’ignore pas que ce rassemblement exclut à ce jour une force politique choisissant de faire cavalier seul, aux municipales comme plus largement pour la préparation des prochaines échéances nationales, la France Insoumise. Je ne suis pas de ceux qui condamnent par principe toutes les perspectives d’union mais considère toutefois que la prétention à faire la révolution démocratique tout en revendiquant un fonctionnement ultra-vertical et hostile à la délibération collective est un paradoxe difficilement surmontable. Attaché à la démocratie locale, je ne peux accepter que les élections municipales soient prisonnières de stratégies nationales indifférentes au sort de celles et ceux qui vivent dans nos villes. A tous les étages, la démocratie n’est pas qu’un moyen, c’est aussi bien souvent l’objet central d’un engagement.