Manif du 29 septembre
Présent hier à Rennes comme 5.000 autres manifestant-es pour exiger des moyens à la hauteur pour nos services publics et une plus juste considération pour leurs agents.
Le budget sera dévoilé demain à l’Assemblée nationale mais le gouvernement a d’ores et déjà annoncé un effort substantiel sur la dépense publique, soit 53 milliards d’euros d’économies (chiffre toutefois toujours flou considérant l’absence de précisions sur la prise en compte de l’inflation et de l’évolution ou non dite naturelle de la dépense). Outre le gel annoncé du point d’indice des fonctionnaires, ce cadrage devrait se traduire par la poursuite d’une dégradation du service public dans tous les ministères hors engagements pluriannuels (armée, justice). Ainsi en est-il par exemple de l’éducation où la baisse de la démographie scolaire sera mise à profit de la réduction des enseignants (non remplacements de départs à la retraites), ce alors que notre pays dégringole dans le classement PISA et affiche un ratio d’euros investis par élève dans la moyenne basse de l’UE. Nous pourrions citer à l’envi les autres politiques publiques ministères dans cette situation (ex : hôpital public).
Incontestablement, la croissance de la dette et du déficit public est plus que préoccupante et menace d’un emballement qui appauvrirait durement le pays (hausse des taux, hausse de la charge annuelle de la dette, diminution brutale de la dépense, récession, pertes de recettes fiscales…). Et d’aucuns, à droite et à l’extrême droite, s’alarmant d’une détérioration de la qualité des services publics en dépit d’un haut niveau de prélèvements obligatoires, en appellent donc à réduire la dépense, seule orientation budgétaire entendable à leurs yeux, souvent ainsi qualifiée pour « courageuse ».
L’obsession idéologique, quasi religieuse, à considérer le seul critère des prélèvements obligatoire pour situer la compétitivité de l’économie française est, je le crois, à l’origine d’un malentendu explicatif de l’incompréhension croissante sur l’efficacité du service public. En comparant les prélèvements obligatoires d’un pays à l’autre, nous comparons un niveau d’impôts, taxes et cotisations qui ne tient pas compte des services et investissements rendus pas ces financements. La santé, par exemple, ne coute pas moins cher ailleurs, mais elle fait l’objet de dépenses privées ce alors qu’elle est chez nous comptabilisée en dépenses publiques, et donc relève des dits prélèvements obligatoires. Et par recherche de compétitivité, dans un monde ouvert à la concurrence internationale, les gouvernement actuels et antérieurs ont fait le choix de diminutions massives de cotisations, sans contrepartie sociale et environnementale, financées par de la dette d’une part et par des impôts auparavant affectés au financement du service public, d’autre part. Ainsi, l’Etat s’est-il progressivement substitué aux entreprises pour le financement de notre modèle social, sans compenser ces économies par un quelconque impôt, au détriment de services publics dorénavant sous financés. La stagnation du traitement des fonctionnaires est le meilleur exemple de ce décrochage.
Maintenant que nous observons, factuellement, l’inefficience de politiques qui prétendaient stimuler l’activité par une diminution des impôts, taxes et cotisations, mais qui ne font in fine que creuser la dette et le déficit, nous estimons que d’autres politiques pourraient être engagées. Disons le tout net, dans un monde ouvert, il conviendra simultanément de travailler à l’échelle continentale (Europe) et de contraindre la concurrence et la libre circulation du capital à des critères écologiques et sociaux. C’est la condition pour passer d’un État qui subventionne à un État stratège qui protège. Et dans ce cadre, nous considérons que nous disposons de gisements de richesses, qu’incarnent la croissance du patrimoine, pouvant être mis à contribution pour financer le service public.
Le débat qui démarre cet automne doit être l’occasion de l’expression du clivage gauche / droite sur ces questions. L’été que nous venons de passer nous rappelle à l’exigence d’investissements indispensables pour atténuer le dérèglement climatique et adapter nos sociétés. De même, cette transition ne peut être aveugle des capacités inégales des ménages et entreprises dans un monde en transition. Nous défendrons donc des moyens augmentés pour que la puissance publique soit calibrée à hauteur des enjeux colossaux qui se présentent à nous. Et ce débat doit préparer le suivant, celui des échéances présidentielle et législatives, décisif pour l’avenir du pays et du monde.
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